E-commerce : cap des 200 milliards d’euros d’ici 2026
Le e-commerce français a changé d’échelle et s’installe comme un pilier durable de la consommation connectée. En 2025, le secteur a généré 196,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit +7 % sur un an, malgré un climat économique et géopolitique instable.
Cette croissance, un peu moins rapide qu’en 2024 (+9,6 %), confirme un marché plus mature : la performance ne repose plus sur des hausses de prix, mais sur l’intensité d’usage. Le signal est clair : le commerce en ligne se rapproche du cap symbolique des 200 milliards d’euros, attendu dès 2026.
Chiffres clés 2025 : un marché digital porté par les volumes
Le principal moteur observé en 2025 est l’augmentation du nombre d’achats, avec 3,2 milliards de transactions électroniques, en hausse de 10 % par rapport à 2024 (2,9 milliards). La vente en ligne gagne donc en fréquence, y compris sur des besoins plus quotidiens.
En parallèle, le panier moyen recule : 62 euros en moyenne, soit -3 %. Cette baisse traduit des arbitrages plus fins, où l’internaute compare davantage, chasse les promotions et fractionne ses achats.
Pour approfondir les données de référence et leur lecture opérationnelle, le point de départ le plus utile reste les chiffres Fevad sur l’e-commerce en 2025. Insight à retenir : la performance se joue moins sur “vendre plus cher” que sur “vendre plus souvent”.
Tableau de synthèse : CA, transactions, panier moyen
La trajectoire vers 2026 s’explique par un équilibre simple : plus de commandes compensent un panier moyen sous pression. Ce mécanisme est typique d’un commerce numérique arrivé à maturité, où l’optimisation des dépenses devient un réflexe.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires e-commerce | Base 2024 | 196,4 milliards d’euros | +7 % |
| Transactions (commandes) | 2,9 milliards | 3,2 milliards | +10 % |
| Panier moyen | Environ 64 € | 62 € | -3 % |
| Produits (CA) | Base 2024 | 76,1 milliards d’euros | +4 % |
| Services (CA) | Base 2024 | 120,3 milliards d’euros | +9 % |
Commerce en ligne : services moteurs, produits en reprise
En 2025, la dynamique reste davantage tirée par les services, qui progressent de 9 % à 120,3 milliards d’euros. Voyages, transport et loisirs concentrent une partie de cette montée, en phase avec le retour des dépenses d’expérience.
Les produits, eux, avancent de 4 % à 76,1 milliards d’euros. La reprise des produits non alimentaires se confirme, portée par une meilleure disponibilité, des politiques promotionnelles plus ciblées et une confiance renforcée sur la livraison.
Ce basculement illustre une réalité stratégique : le marché digital ne se limite plus à la “bonne affaire”, il devient un canal réflexe. Le secteur représente désormais 12 % des ventes de produits en commerce de détail, signe d’un usage installé.
Cas terrain : une enseigne cross-canal qui sécurise la conversion
Un exemple concret aide à comprendre la mécanique : une enseigne française de maison (mobilier léger, déco, textile) a renforcé en 2025 ses parcours “retrait magasin en 2 heures” et “retour simplifié”. Résultat : des achats plus fréquents, mais des paniers plus courts, alignés sur les arbitrages budgétaires.
Dans ce type de modèle, la performance vient de l’orchestration : stock unifié, promesses de livraison fiables, relances personnalisées, et visibilité prix claire. Les leviers cross-canal détaillés dans les stratégies e-commerce cross-canal 2025 illustrent bien comment le digital et le magasin se renforcent mutuellement.
Transactions électroniques : catégories gagnantes et points de vigilance
Le panel iCE100 de la Fevad (environ 100 sites leaders) confirme une progression des ventes aux particuliers de 5,6 %, alors que le commerce physique subit un léger repli. Autrement dit, la vente en ligne capte une part croissante des usages, notamment lors des temps forts du dernier trimestre.
Les catégories produits les plus dynamiques montrent un consommateur pragmatique : il renouvelle, équipe, compare, et commande dès que la proposition de valeur est évidente. Le commerce suit un principe simple : si l’expérience est fluide, la fréquence suit.
- Électronique et électroménager : +5,2 % (achats rationnels, comparaison facilitée)
- Sport : +5,1 % (équipement, saisonnalité, montée des communautés)
- Meuble et décoration : +3 % (amélioration de la logistique et du SAV)
- Textile maison : +2,9 % (réassort et achats d’appoint)
- Produits de grande consommation : +2,7 % (récurrence, abonnements, livraison)
- Beauté : +2 % (recommandation, fidélisation, bundles)
Un point faible persiste : l’habillement/chaussures recule de 0,5 %, plus exposé aux arbitrages et aux retours. Cette pression pousse les acteurs à investir dans la qualité des fiches produit, la taille assistée et des politiques de retours mieux maîtrisées. Insight final : le volume se gagne, mais la rentabilité se protège.
Concurrence internationale, réglementation, technologie : les défis de l’après-200 milliards
Le passage des 200 milliards d’euros ne sera pas qu’un symbole : il mettra sous tension les modèles économiques. Les plateformes internationales, en particulier asiatiques, intensifient la pression sur les prix et sur l’attention, tout en accélérant les attentes de livraison.
La régulation se densifie également : transparence, conformité, données, logistique, environnement. Sur ce point, la capacité à maintenir un cadre concurrentiel équitable devient un facteur de performance autant qu’un enjeu de souveraineté économique.
Enfin, l’innovation change la donne : IA, personnalisation, automatisation, et optimisation média déplacent les standards. Pour cadrer ces évolutions et préparer les plans d’acquisition, la perspective présentée dans les tendances marketing digital 2026 aide à prioriser les investissements. Insight final : le cap des 200 milliards se franchit avec la demande, mais se consolide avec l’exécution.